Histoire et origines du ginseng rouge coréen : un trésor millénaire

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Le ginseng rouge coréen, ou hongsam, est bien plus qu’un simple complément alimentaire : c’est l’héritier d’une tradition vieille de plusieurs millénaires. Originaire des montagnes d’Asie, cette racine précieuse occupe une place centrale dans l’histoire et la culture coréenne. Utilisé dès l’Antiquité dans les médecines traditionnelles, le ginseng a progressivement évolué, passant du statut de plante sauvage à celui de produit cultivé et transformé avec soin.

 

Dans cet article, nous retraçons les grandes étapes de l’histoire du ginseng rouge : ses premières utilisations diplomatiques, la naissance de sa forme « rouge » grâce à la cuisson à la vapeur, la mise en place d’un monopole d’État pour encadrer sa production, jusqu’à sa reconnaissance internationale aujourd’hui. Un voyage fascinant au cœur d’un patrimoine végétal unique, symbole du savoir-faire coréen et toujours très prisé dans le monde entier.

origine ginseng

🌿 Des origines antiques à un usage impérial

Le ginseng est mentionné dès l’Antiquité dans les textes médicinaux asiatiques, notamment dans des ouvrages chinois vieux de plus de 2 000 ans. En Corée, son usage remonte à la période des Trois Royaumes (57 av. J.-C. – 668 ap. J.-C.), où le royaume de Goguryeo exportait déjà du ginseng sauvage en Chine, en guise d’hommage diplomatique. Cette racine rare, difficile à trouver à l’état naturel, était alors considérée comme un bien de luxe, réservé aux élites.

🏛️ L’apparition de la culture du ginseng

Au fil du temps, la demande croissante en ginseng pousse les Coréens à développer sa culture. Durant la dynastie Goryeo (918–1392), des méthodes de plantation commencent à se structurer. Le ginseng devient un produit d’export stratégique, reconnu pour sa qualité sous l’appellation de « ginseng de Goryeo ».

La transformation du ginseng en ginseng rouge apparaît un peu plus tard, sous la dynastie Joseon (1392–1897). À l’origine, le ginseng était simplement séché à l’air pour obtenir ce qu’on appelle le ginseng blanc. Mais on découvre que le cuire à la vapeur puis le sécher modifie sa texture, sa couleur et sa stabilité. C’est ainsi qu’est né le ginseng rouge, mieux conservé et aux propriétés transformées.

🔴 La naissance du ginseng rouge coréen

Le ginseng rouge coréen (hongsam) est obtenu à partir de racines âgées de 6 ans minimum, soigneusement sélectionnées, puis cuites à la vapeur entre 50 et 100 minutes, avant d’être séchées à basse température. Ce procédé traditionnel, maîtrisé dès le XVIIIᵉ siècle, permet de stabiliser la racine, d’éviter sa fermentation et d’augmenter la concentration de certains composés actifs, appelés ginsénosides.

Ce mode de préparation se différencie de celui du ginseng blanc, simplement séché sans cuisson, et qui se conserve moins longtemps. Dès lors, le ginseng rouge devient la forme la plus prisée sur le marché coréen, notamment pour ses usages dans la médecine traditionnelle.

⚙️ Une filière structurée dès la fin du XIXᵉ siècle

En 1899, le gouvernement coréen fonde une entité dédiée à la gestion de la culture et de l’exportation du ginseng, amorçant la structuration d’une véritable filière nationale. Pendant près d’un siècle, la production de ginseng rouge est encadrée par un monopole d’État, avec des normes strictes sur la durée de culture, le processus de transformation et le classement des racines selon leur qualité.

Cette organisation permet d’uniformiser les pratiques, d’assurer la traçabilité, et de faire du ginseng rouge coréen une référence mondiale en matière de qualité. Depuis la fin du monopole en 1996, de nombreuses entreprises continuent à perpétuer cette tradition, tout en innovant dans les formes de consommation : extraits, gélules, poudres, infusions, etc.

📘 Une place centrale dans la culture coréenne

Le ginseng rouge coréen n’est pas qu’un complément alimentaire : c’est un symbole culturel fort. Il est omniprésent dans les grands marchés traditionnels coréens, comme les Yaknyeongsi, spécialisés en plantes médicinales, et fait l’objet de festivals régionaux, notamment dans la province de Geumsan, reconnue pour la qualité de son ginseng.

Des textes médicinaux comme le Donguibogam (encyclopédie médicale coréenne publiée en 1613) mentionnent déjà ses utilisations, signe que cette racine était profondément ancrée dans la tradition populaire bien avant l’industrialisation de sa production.

🌍 Le ginseng rouge coréen aujourd’hui

Aujourd’hui, le ginseng rouge est cultivé dans des conditions rigoureusement encadrées. La culture dure six ans, suivie d’une période de repos de la terre. La Corée du Sud est le premier pays producteur de ginseng rouge, avec une expertise reconnue mondialement.

Le ginseng rouge coréen bénéficie de nombreux labels de qualité, notamment GMP (Good Manufacturing Practices) et KFDA. Il est exporté dans plus de 60 pays et se décline sous de multiples formes, sans perdre son ancrage dans une tradition millénaire.